Il existe un mot que l'on croise de plus en plus chez les créateurs de bijoux, sans toujours savoir ce qu'il recouvre : le vermeil. On le confond avec le plaqué or, parfois avec l'or massif. Pourtant, le vermeil est une matière à part entière, et surtout, l'une des plus anciennes de l'histoire de l'orfèvrerie.
Avant d'être un des métaux de prédilection des créateurs d'aujourd'hui, le vermeil a coiffé des rois, traversé des révolutions et survécu à un procédé de fabrication mortel. Voici son histoire.
Le vermeil, en quelques mots
Le vermeil est un métal précieux composé d'une base en argent massif 925 recouverte d'une couche d'or 18 carats. Ce n'est ni de l'or massif, ni du simple métal doré : c'est de l'argent véritable, habillé d'un or épais et durable.
Une matière née dans l'Antiquité
L'idée de recouvrir l'argent d'or est presque aussi ancienne que l'orfèvrerie elle-même. L'Odyssée d'Homère évoque déjà la superposition de feuilles d'or sur l'argent, et les Grecs comme les Romains maîtrisaient des techniques de placage par martelage et pliage.
Mais ce sont les Incas, dans les civilisations précolombiennes d'Amérique du Sud, qui sont souvent crédités des premiers véritables objets en vermeil. Chez eux, l'or symbolisait le Dieu Soleil et l'argent la Lune : marier les deux métaux avait une portée sacrée. Ils employaient une méthode ingénieuse, la dorure par déplétion, qui consistait à retirer chimiquement les autres métaux de la surface pour ne laisser apparaître que l'or.
Le secret dangereux des doreurs : la dorure au mercure
Au Moyen Âge puis à la Renaissance, une technique s'impose en Europe : la dorure au mercure, aussi appelée dorure au feu. Le procédé était aussi spectaculaire que périlleux. On dissolvait l'or dans du mercure liquide pour obtenir une pâte, l'amalgame, que l'on appliquait sur l'objet en argent. En chauffant la pièce, le mercure s'évaporait et ne laissait qu'une couche d'or parfaitement fixée.
Le résultat était magnifique mais les vapeurs de mercure étaient toxiques, et les doreurs payaient souvent ce raffinement de leur santé. Cette technique sera plus tard interdite par les autorités françaises, précisément à cause de sa dangerosité pour les artisans.
L'âge d'or du vermeil français
C'est aux XVIIe et XVIIIe siècles que le vermeil atteint son apogée en France. Il devient le métal des couverts d'apparat, des objets liturgiques et des pièces royales. Louis XV portait une couronne de vermeil la seule couronne de ce métal de l'Ancien Régime à nous être parvenue en bon état.
Le vermeil strasbourgeois mérite une mention particulière. À partir de 1681, quand Strasbourg devient « ville libre royale », ses orfèvres obtiennent le droit de travailler l'argent à un titre légèrement différent de celui de Paris ce qui favorisait paradoxalement une dorure plus belle et plus régulière. Le vermeil de Strasbourg gagna la réputation d'être le plus beau d'Europe.
La Révolution française fut hélas un désastre pour ce patrimoine : les fontes ordonnées par la Convention détruisirent une grande partie de la production des orfèvres royaux. C'est pourquoi les grandes pièces de vermeil des XVIIe et XVIIIe siècles sont aujourd'hui d'une rareté extrême.
La révolution propre : la galvanoplastie
Au début du XIXe siècle, tout change. En 1805, le chimiste italien Luigi Brugnatelli découvre l'électrodéposition : la possibilité de déposer une couche de métal grâce à un bain électrolytique. Cette invention, la galvanoplastie, transforme la fabrication du vermeil. Fini le mercure toxique : place à un procédé propre, contrôlable et reproductible.
C'est cette même technique, perfectionnée, qui est utilisée aujourd'hui par toutes les maisons de joaillerie y compris pour les créations de Maison Elise D. Le vermeil moderne conserve toute la noblesse de son histoire, sans aucun des dangers de ses origines.
« La noblesse de l'or, mais une noblesse que l'on peut porter chaque jour. »
Quand le vermeil devient une appellation protégée
Longtemps, le vermeil resta une affaire de savoir-faire plus que de règles écrites. Ce n'est qu'au XXe siècle que la France, l'un des rares pays au monde à encadrer légalement cette matière, en fixe la définition précise. Le décret n°85-1 du 3 janvier 1985 relatif aux ouvrages en métaux précieux établit les critères que l'on connaît aujourd'hui : une base d'argent, une couche d'or 18 carats d'au moins 5 microns.
Un métal chargé de symboles
Le vermeil n'est pas seulement une matière : c'est un langage.
Les « médailles d'or » des Jeux olympiques sont, depuis cette date, en réalité en vermeil.
En France, les noces de vermeil célèbrent quarante-cinq ans de mariage un hommage à sa valeur de durée et de fidélité.
De nombreux trophées et joyaux que l'on croit en or massif sont, en vérité, en vermeil.
Vermeil et plaqué or : l'essentiel de la différence
Puisque la confusion est fréquente, résumons l'essentiel. Le plaqué or repose sur une base en métal commun (laiton ou cuivre) recouverte d'une fine couche d'or de 3 microns minimum. Avec le temps, le métal commun s'oxyde et réapparaît, ternit, et peut provoquer des allergies.
Le vermeil, lui, repose sur de l'argent massif et une couche d'or plus épaisse. Même lorsque l'or finit par s'estomper après des années, c'est de l'argent un métal précieux et hypoallergénique qui réapparaît, sans effet cuivré. Et un bijou en vermeil peut toujours se redorer pour retrouver son éclat. Là où le plaqué or est un bijou fantaisie, le vermeil est un bijou semi-précieux, fait pour durer.
Pour le comparatif détaillé, consultez notre article : Qu'est-ce que le vermeil ? →
Pourquoi nous avons choisi le vermeil
Quand on crée une maison de bijoux, on doit choisir une matière. L'or massif est magnifique, mais son prix le réserve au coffre et aux grandes occasions. Le plaqué or est accessible, mais il ne dure pas.
Nous cherchions un troisième chemin : une matière noble, durable et portable. Un bijou que l'on puisse porter chaque jour sans craindre de l'abîmer. Un luxe que l'on s'autorise vraiment, plutôt qu'un trésor que l'on enferme. Le vermeil, avec ses siècles d'histoire et sa promesse de durée, était la réponse évidente. Argent massif 925, or 18 carats, 5 microns : nos créations respectent le standard le plus exigeant.
Notre conviction
Parce qu'un bijou n'est pas fait pour dormir dans une boîte, il est fait pour vivre avec vous.